TPF 434 - Claude Wagner - La 2D2 5525 - La BB 15001

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La revue N° 434 du 03/2026

TPF 434

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In memoriam, Claude Wagner

Claude Wagner, le président-fondateur de la FACS, est décédé le 15 décembre 2025 à l’âge de 97 ans. Notre Conseil d’Administration a pensé rendre hommage à ses talents de créateur et de visionnaire en publiant un texte qu’il a écrit il y a plus de 50 ans (très précisément le 12 octobre 1964).

Il m’a été demandé de retracer pour vous les évènements et circonstances qui ont amené́ la création de notre Fédération. Il faut pour cela remonter au début de l’année 1955. J’étais à cette époque déjà passionné par les chemins de fer secondaires, mais à vrai dire et en toute franchise, comme beaucoup sans doute, j’osais à peine parler de mon « hobby » aux parents, amis et connaissances. Les quelques conversations que j’avais orientées sur le sujet s’étaient toujours soldées par des récits d’anecdotes dignes des meilleures galéjades marseillaises de la part de mes interlocuteurs, et même parfois par quelques regrets. Mais pour tous ces gens, un même slogan revenait sans cesse « on n’arrête pas le progrès », celui- ci étant matérialisé par l’autocar.

Un certain jour du mois de mars, je consultais le Chaix général où j’avais pour habitude de faire l’inventaire des services offerts par les compagnies dites diverses. Cette fois-là, j’eus l’amère surprise de constater que le service par fer était supprimé sur la totalité du réseau des VFlL du Pas-de-Calais. Ce réseau qui formait un ensemble si cohérent, n’avait pu lui aussi résister, malgré une diésélisation presque totale, à la vague de suppressions qui sévissait depuis 1947.

Cette fois-là, c’en était trop, il fallait faire quelque chose pour tenter de préserver les lignes encore existantes. J’avais lu, il y avait quelque temps dans Loco-Revue, un article du Docteur Trécolle en faveur du tortillard. J’écrivis à M. Fournereau en lui demandant de bien vouloir insérer dans sa revue un appel pour la création d’un Club de défense des Secondaires. La réponse fut rapide et positive et le mois suivant (août 1955), l’appel était publié dans Loco- Revue.

Hélas, une première déception m’attendait. Je pensais toucher par mon appel un certain nombre de membres de l’AFAC qui, délaissant un moment la voie normale, seraient venus s’apitoyer sur le sort des voies étroites ; mais il n’en fut rien, mon appel reçut une seule réponse, elle venait de Caen et était signée Jean- Claude Riffaud.

Je devais rencontrer mon correspondant un dimanche de décembre. Avant, je me rendis à l’AFAC un samedi pour essayer de découvrir des amateurs de secondaires. J’eus la bonne fortune de découvrir parmi la foule des amateurs réunis ce jour-là dans la salle de la bibliothèque, deux amateurs qui contemplaient et com- mentaient des photos de tortillards. Aussitôt je pris contact et je s la connaissance de Guy Pérève et de Bernard Rozé. L’idée de création d’un club fut aussitôt approuvée par mes deux nouveaux amis et la première réunion des mordus de la voie étroite eut lieu un dimanche après- midi de janvier 1956, elle réunissait MM. Riffaud, Pérève, Rozé et votre serviteur.

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Cette photo est un cliché C. Schnabel fait le 16 juin 1957 lors d’un des premiers voyages FACS sur le Blanc-Argent (collection B. Rozé).

Les premières bases de fondation d’une société furent évoquées au cours de cette réunion et chacun fut chargé pour commencer de contacter d’autres sympathisants. À la n de l’année, le petit noyau du début avait fait boule de neige, nous avions à nous 4 réuni environ une trentaine d’amateurs prêts à s’inscrire dès la création du Club. Les premiers statuts de notre Fédération furent rédigés à Sannois un dimanche de décembre 1956 par Riffaut, Pérève et moi. En janvier 57, notre ami Pérève e ectuait les démarches à la préfec- ture. La Fédération était née.

Depuis, que de chemin parcouru, des 30 personnes de la première heure, nous avons atteint mainte- nant le cap des 500 membres. 16 locomotives ont été sauvées de la destruction, soit par la FACS elle- même grâce aux fonds vapeur, soit par des membres de la Fédération. Certaines d’entre elles seront peut- être un jour le parc « traction » d’un musée vivant. Des lignes de CF touristiques naissent chaque année pour la plupart, elles sont gérées par des membres de notre Association. Je ne veux citer de noms de peur de ne pouvoir les citer tous, ceux qui ont fait du beau travail dans tous les domaines d’activités de notre société. Je nous considère tous comme des pionniers qui ont tracé une route qui sera de plus en plus suivie. De même que la locomotion mécanique ne détrônera jamais complètement la plus noble conquête de l’homme, et que les grands ensembles urbains en voie de création provoquent par un juste retour des choses la création de parcs nationaux, le chemin de fer à voie étroite aura sa place dans le monde moderne de demain. Cette place sera différente de celle qui était la sienne au début de notre siècle.

Cette place, c’est à nous de la lui donner.

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La gare de Bouleuse des CBR (Chemins de fer de la Banlieue de Reims), dessin de Claude Wagner fait en octobre 2004.

Bernard Rozé est le dernier des six fondateurs de la FACS. Toujours très actif, il est un important contributeur d’études pour T&PF, telle celle du Tramway du Raincy paru dans le n° 433. Il nous a fait parvenir le texte ci-dessous en hommage à Claude Wagner.

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Été 1920 : deux trains des TS (Tramways de la Sarthe) se croisent en gare de Saint-Jean-d’Assé (dessin de Claude Wagner, octobre 2014).

Avec les amis Guy v et Jean- Claude Riffaud, nous avons connu Claude Wagner dans les années 1955/1956 lors des visites que nous faisions le samedi après-midi dans les locaux de l’AFAC en gare de Paris-Est. Infatigable passionné
de réseaux à voie étroite, particulièrement ceux des VFIL du Pas-de- Calais, il attisa notre curiosité́ sur les lignes « bouts de bois » ou « à poux », voire les « chemins de fer à ficelles » (comme les amateurs de l’AFAC nous avaient baptisés).

Nos débuts dans les « petits trains » furent attirés par les photos de Pierre Laurent et Christian Schnabel qui nous firent découvrir des trésors cachés ! Fin dessinateur, Claude nous montrait des croquis de ces chemins de fer réalisés avec exactitude dans leur environnement. Nous étions admiratifs. Notre passion faisait alors tache d’huile et bien des amateurs se groupaient autour de nous. C’est alors que Claude Wagner, avec l’aimable concours de M. Fournereau des éditions Loco-Revue, lança un appel en faveur de nos « secondaires », puis fonda en janvier 1957 la FACS. Les adhésions affluèrent et « les six compteurs de rivets » (les membres fondateurs) virent arriver des collègues qui devinrent des spécialistes en études de réseaux : Jacques-H. Renaud, Maurice Geiger, Jacques Chapuis, René Hulot, Jacques Bazin, Sylvain Zalkind, André Artur, notre dessinateur de plans René Gallet, etc.

Nous perdons un grand ami toujours aimable et disponible.

Que sa veuve, son ls Thierry et leurs proches soient assurés de notre amitié reconnaissante et indéfectible.

Bernard Rozé.


La 2D2 5525 (2e partie) par JP Comes

Le PO se trouvait donc début 1927, juste après la mise en service de l’électrification, avec seulement 5 machines de vitesse. Parmi celles-ci on en trouvait 2 peu ables électriquement et souvent à l’atelier pour réglage n des bielles (c’était les seuls moments où les régulateurs pouvaient souffler et ne pas avoir à gérer des détresses...), et une qui peinait à monter en vitesse. L’électrification n’était pas une vraie réussite en matière de traction des trains rapides. Mais les 501 et 502 faisaient l’affaire et cela a été su très vite, même avant le dépouillement des différents relevés faits lors des essais. Malgré tout, la commande des 5503 à 37 n’intervint…

Petite histoire de la préservation de la BB 15001 par F Vielliard

Les dernières BB15000 ont été retirées du service à la n de l’année 2025. Cette série de locomotives fait l’objet de nombreux écrits sur leur conception innovante et sur leur longue carrière. Le présent article aborde la n de leur service commercial, revient sur quelques promesses mises en elles à l’origine et dévoile     le passage dans le patrimoine historique d’une digne représentante.

L’actualité des chemins de fer touristiques, régionaux et urbains

 

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